[notre ymagier] – D’humeur badine : « La chatte & le matou » (1787) par le Comte de Caylus

(« Ne fait-on rien céans ? » illustration de Marillier, pour les Œuvres Badines de Caylus, Paris, Visse, 1787, tome 11, p. 40.)

[extrait]

« Les Chats »

Un homme du siècle, [Autreau] auquel nous devons des poésies très aimables, s’est rendu plus recommandable encore par l’étude qu’il a faite du langage des chats ; étude satisfaisante, & qui lui a si heureusement réussi, qu’il entend exactement ce qu’expriment les différentes inflexions de leur voix ; & ce qui est l’admirable, est qu’il ne faut, pour acquérir cette intelligence, que l’entendre une fois réciter un dialogue qu’il a composé, où deux amans s’entretiennent.

Voici, madame, cette scène charmante ; elle perdra beaucoup à n’être que lue, quoiqu’elle  soit écrite avec élégance & précision ; la façon de la déclamer comme lui, d’après les chats, y donnant tout le caractère de vérité.

La scène est au coin du feu d’une cuisine.

LA CHATTE, voyant tourner la broche & se débarbouillant.

ça est bon.

LE MATOU, appercevant la Chatte, & s’approchant avec un air timide.

Ne fait-on rien céans ?

LA CHATTE, ne lui jetant qu’un demi-regard.

Ohn.

LE MATOU, d’un ton passionné.

Ne fait-on rien céans ?

LA CHATTE, d’un ton de pudeur.

Oh que nenni.

LE MATOU, piqué.

Je m’en revas donc ?

LA CHATTE, se radoucissant.

Nenni.

LE MATOU, affectant de s’éloigner.

Je m’en revas donc ?

LA CHATTE, d’un air honteux.

Montez là-haut. (plus haut) Montez là-haut.

ENSEMBLE, courant sur l’escalier

Montons là-haut, montons là-haut.

Les deux amans arrivent bientôt dans la gouttière ; & la scène finit par des clameurs amoureuses, entremêlées de ces expressions naïves employées dans nos anciens romans, & que la délicatesse du siècle a banni des ouvrages.

(« Les Chats », extrait des Œuvres Badines de Caylus, Paris, Visse, 1787, tome 11, pp. 41-42.)


 


 

 

 

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[sur catalogue] – Le Journal, YVES KLEIN, Dimanche 27 novembre 1960

Le journal d’Yves Klein : une relique d’avant-garde

Klein, (Yves), Le Dimanche 27 Novembre 1960, Paris, 1960.
Format journal, 54 x 88 cm.

Avec la célèbre photographie du peintre se jetant dans le vide : “un homme dans l’espace”.

Ce faux Journal du Dimanche a été publié par Yves Klein dans le cadre du Festival d’Avant-garde, sur invitation de Jacques Poliéri. Il fut distribué dans certains kiosques et berna quelques parisiens !

Très rare pièce, en bon état pour un journal du temps (relativement peu jauni). On notera les plis marqués.

Dans cette œuvre novatrice Yves Klein prend possession du dimanche 27 novembre 1960, comme il avait pris possession avant du bleu ou du vide.

“La révolution bleue continue” !

Référence bibliographique : Journal reproduit dans Yves Klein 1928-1968 a retrospective,Houston/New York, Arts Publisher Inc., 1982 pp. 192-195.

1250 €

 

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Consulter notre dernier catalogue de livres anciens et de manuscrits rares

Vous pouvez consulter en cliquant ici notre dernier catalogue de livres anciens et de manuscrits.


> Reliure à plaque du XVIe

> Exemplaire aux armes de Jacques-Auguste de Thou

> L’exemplaire Yemeniz du Traité des tournois (1669), relié par Trautz-Bauzonnet

> Preuves de Noblesse par D’Hozier, 1734, Exemplaire peint

> Manuscrit érotique XVIIIe

> Oeuvres de Molière, 1773, 6 volumes, plein maroquin par DURU, suites

> Manuscrit de marine

> La Bruyère, 1784, 3 volumes plein maroquin à la Du Seuil

> Milton, Le Paradis Perdu, 1792, 2 volumes plein maroquin, tirage grand papier vélin

 

et aussi

> Estampes bibliophiles

> Dessins originaux (dont 2 gouaches de Lydia Masterkova)

> Envois de Cocteau, Ts. Eliot, Magritte…

 

 

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Les décroteurs de la Ville de Paris sous Louis XV – 1744

QUAND LES DÉCROTEURS EN FONT APPEL AU ROI DE FRANCE !


Requête au Roi par les Décroteurs de la Ville & Faubourg de Paris
Paris, Robustel, 1744.
In-12, brochure de 8 pp.

Très rare et curieuse plaquette.Les décroteurs en colère demandeune audience au Roi pour obtenir quelque avantage !

“Nous n’avons pas l’art de rimer

Mais nous scavons bien vous aimer”

“Les Savoyards et les froteurs

Sont-ils plus que les décroteurs ?”


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Retrouvez-nous au Salon de la Bibliophilie de la PLACE SAINT SULPICE (Paris VIè) du 31 mai au 6 juin 2011

Nous y présenterons une sélection d’ouvrages précieux, & bon nombre de petites curiosités.

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« La Chose Impossible », Romain de Hooghe & La Fontaine, 1685

« La Chose Impossible », Romain de Hooghe pour les Contes de La Fontaine, Amsterdam, Henry Desbordes, 1685. (© Librairie Malais, D.R).

 

« Un démon plus noir que malin

Fit un charme si souverain

Pour l’amant de certaine belle

Qu’à la fin celui-ci posséda sa cruelle. »

 

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[interlude] – Le messager boîteux

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[notre ymagier] – Gustave Courbet illustrateur : Le Camp des Bourgeois, 1868

« Messieurs, je suis pharmacien dans un quartier populeux. »

Illustration de GUSTAVE COURBET pour Étienne Baudry, Le Camp des Bourgeois, Paris, Dentu, 1868. (© Librairie Malais, D.R).

*

[en appendice]
Je vous livre donc quelques commentaires d’Émile Zola sur l’ouvrage :

Chacun de ses dessins est une satire

« J’ai entre les mains un livre singulier et intéressant, dont personne n’a encore parlé, et qui sera la curiosité de la semaine prochaine. Il s’agit d’une œuvre de M. Étienne Baudry , Le Camp des bourgeois, illustré par Gustave Courbet. Là est la grande attraction du volume. » (…)

« Le maître d’Ornans fait ses débuts dans l’illustration. C’est la première fois qu’il consent à travailler pour la librairie. Son talent, rude et solide, s’accommode assez mal des délicatesses de la gravure. » (…)
« Chacun de ses dessins est une satire. Il me semble que j’entends sa parole grasse, son rire épais, écrasant de son mépris les riches imbéciles qui ne comprennent pas la « bonne peinture » – la sienne. »
Zola résume ainsi l’ouvrage :
« Pour en revenir au livre de M. Étienne Baudry, c’est là une œuvre qui fera sensation. L’auteur est un utilitaire tombant à bras raccourcis sur la bourgeoisie fainéante et oisive. Il appelle « bourgeois » tous les inutiles qui ne travaillent pas, et, comme il veut que tout le monde travaille, il sonne le glas de messieurs les propriétaires. Des paysans, rien que des paysans, tel est son rêve. »
« Ce qui exaspère M. Baudry, c’est que nous ayons besoin de domestiques pour vivre. Il prétend qu’on peut se suffire, il cherche par exemple à prouver aux dames qu’elles n’ont pas besoin de cuisinière pour écosser des pois, ni de chambrière pour mettre leur corset. Je doute qu’il persuade cela à certaines coquettes de ma connaissance. »

Voir : http://www.cahiers-naturalistes.com/Salons/05-05-68.html

Et il vous reste une semaine pour en acheter un exemplaire :

http://cgi.ebay.fr/GUSTAVE-COURBET-Camp-des-Bourgeois-1868-E-O-Zola-/110683196768?pt=FR_GW_Livres_BD_Revues_LivresAnciens&hash=item19c53b8d60#ht_9802wt_1135

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[archives] – Demoiselle de Saint-Cyr, brevet signé par le Comte de Maurepas, 1736

UN DOCUMENT QUI DÉCIDA D’UNE VIE ENTIÈRE

[Brevet pour l’entrée dans la maison de Saint-Cyr ], 12 Décembre 1736, Document sur vélin fort.

Signé par le Comte de Maurepas,et Louis XV (secrétaire de la main)

Très rare document prenant acte des preuves de noblesse de la demoiselle Marie de Termes, et attestant de ses “qualités requisespour être admise au nombre des Demoiselles qui doivent être reçuesdans la maison Royale” : La prestigieuse Maison des Demoiselles de Saint-Cyr, fondée par Mme de Maintenon en 1685.

“sa Majesté lui a accordé une des deux cens cinquante places de la Maison, enjoignant à la supérieure de la recevoir sans delay, luy faire donner une instruction convenable et la faire jouir de menus avantages”…“Brevet que sa Majesté a pour assurance de sa volonté signé de sa main et fait contresigné par moy…”

Les Archives de Saint-Cyr nous permettent de préciser que cette demoiselle née à Cressensac (Lot) fut baptisée le 12 novembre 1726 et sortit de Saint-Cyr le 8 Octobre 1746. Une preuve de Noblesse de plus de 140 ans était nécessaire pour obtenir l’une des 250 places dela prestigieuse maison.

Signé “Louis”, contresigné “Phélypeaux” : J-F Phélypeaux Comte de Maurepas, fameux secrétaire d’état à lamarine et à la maison du roi, superviseur des affaires du Clergé.

SUPERBE ET ÉMOUVANT DOCUMENT

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[archives] – Invitation pour Napoléon Bonaparte, signée par ABEL GANCE, 1935

INVITATION POUR NAPOLÉON BONAPARTE SIGNÉE PAR ABEL GANCE

GANCE (Abel), Carton d’invitation autographe, 21×14 cm., 1935.

Carton d’invitation, illustré recto/verso, pour la présentation générale du film légendaire d’Abel Gance, où l’on remarquera notamment l’incroyable prestation d’Antonin Artaud.Très rare autographe du cinéaste datant d’avant la guerre. Bel état.

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